Hommes et femmes gèrent les sources aménagées en RDC


Date: October 23, 2009
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Le Programme d’Appui Á  la Réhabilitation (PAR II), financé par la Commission Européenne, a aménagé depuis 2007, cinq sources d’eau dans les quartiers qui en possèdent et a foré six nappes phréatiques dans ceux où il n’en existait pas.

«Au cours de cette année scolaire, je suis sÁ»re d’arriver Á  l’heure Á  l’école tous les jours”, se réjouit Kethia, une fillette d’environ huit ans que nous avons rencontrée Á  la source Tala NgaÁ¯ dans le quartier Mpasa II, situé dans la commune de Kimbaseke, Á  plus de 18 kilomètres du centre ville. L’enfant y puisait de l’eau Á  l’aide d’un petit seau d’eau juché sur sa tête.

Elle raconte qu’avant l’aménagement de cette source d’eau, les habitants de son quartier, surtout les jeunes, avaient l’habitude de marcher cinq kilomètres pour aller puiser de l’eau d’un robinet et de ce fait, ils arrivaient chaque jour en retard Á  l’école et épuisés également.

Dans chaque quartier où cette initiative a été menée, c’est la population seule qui en assure la gestion. Pour le maintien du bon fonctionnement de ces sources et forages, les habitants paient une gourde de 25 litres d’eau Á  30 francs congolais, soit près de cinq cents américains aux représentants du comité local de gestion des sources et forages d’eau, crée par les bénéficiaires.

Selon Freddy OSOMBA, président du comité de gestion de la source Tala NgaÁ¯, outre le fait que cette initiative leur procure de l’eau potable au quotidien, elle a également favorisé la création d’emplois. En effet, ce comité emploie 12 personnes dont sept femmes, élues par leurs pairs. Pour le président de ce comité, il n’y pas une distinction entre l’homme et la femme dans le travail.

C’est la compétence qui compte mais son expérience lui a démontré que «la femme gère mieux l’argent que l’homme’ ». C’est la raison pour laquelle ce comité n’a que des caissières. «Jusqu’ici, nous n’avons pas eu Á  nous plaindre d’elles », affirme-t-il.

Pour la quinquagénaire Julienne Ngatuanga, une des 12 femmes qui assurent la redistribution d’eau de la source de Tala NgaÁ¯, «il arrive parfois que des gens nous demandent de rester Á  la maison car ils estiment que ce n’est pas un travail pour les femmes. Mais nous ne les écoutons pas parce que nous nous sentons capables de le faire aussi bien que les hommes. De plus, nos chefs sont contents de nous et c’est l’essentiel pour moi. Grâce Á  son travail, la femme soutient financièrement son foyer autant que l’homme.”

Julienne Ngatuanga, explique qu’avec ce travail, elle gagne 40 000 francs congolais, soit près de 48 dollars US, ce qui représente pratiquement le salaire d’un fonctionnaire de l’administration publique en grade de recrutement.

Cet argent, dit-elle, l’aide Á  subvenir aux besoins de son mari, ancien militaire actuellement au chômage et Á  ceux de ses enfants. Avant cela, elle s’occupait de potagers mais le rendement de ceux-ci étant saisonnier, elle avait du mal Á  joindre les deux bouts en fin de mois.

Cet aménagement de sources d’eau potable et leur gestion rétribuée constituent une bouffée d’oxygène pour bon nombre de familles congolaises.

Evelyne Luyelo est journaliste en République Démocratique du Congo. Cet article fait partie du service d’opinions et de commentaires de Gender Links.


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