«Moi, gay et mes rêves pour mon île» : Par Christophe Karghoo


Date: October 9, 2019
  • SHARE:

Comme 5-Plus s’est engagé à être le reflet de la société mauricienne, le sujet «Moi, gay et mes rêves pour mon île» avait tout à fait sa place dans notre édition du 19 mai dernier, dans une semaine où le monde célébrait la Journée internationale du vivre-ensemble, le 16 mai, et la Journée mondiale contre l’homophobie, le 17 mai. Le raccord à l’actualité était aussi lié à la date de la Marche de l’Egalité qui a été annoncée durant la même semaine.

Comme défendre le droit de TOUS les Mauriciens est ancré dans l’ADN du journal, nous traitons, dénonçons, racontons souvent ce genre de sujet et leur accordons systématiquement, comme c’est le cas dans notre édition du 19 mai, une place en Une du journal.

Après avoir écrit sur plusieurs angles, touchant et concernant la communauté LGBT au fil de mes années à 5-Plus dimanche (le coming out, les gay-friendly, le mariage gay, les parents dont les enfants sont de la communauté LGBT, les actes homophobes, les trans, entre autres), j’ai voulu cette année, et cela dans le cadre de la Journée mondiale contre l’homophobie et la Journée internationale du vivre-ensemble, voir des personnes de cette communauté qui ont souffert d’actes homophobes et qui se sont relevés. Mes interlocuteurs dans le texte ont choisi de témoigner à visage découvert parce qu’après avoir subi les critiques et autres préjugés, ils se sentent aujourd’hui bien dans leur peau.

L’objectif est de donner un éclairage sur la situation de personnes qui ont subi des remarques et autres attaques à cause de leur orientation sexuelle dans leur vie et qui ont pu faire fi des obstacles pour construire leur vie. En donnant la parole à des personnes qui acceptent de témoigner à visage découvert, je voulais aussi avoir l’avis de ceux qui vivent cette réalité et qui peuvent dire ce qu’ils souhaitent voir changer dans la société mauricienne.

En sus de mes interlocuteurs de la communauté LGBT pour le texte principal que j’ai approché par mail, j’ai aussi contacté par téléphone les intervenants de deux associations qui militent pour les droits des personnes de la communauté LGBT. Le texte, y compris les encadrés, se compose de quatre intervenants : trois sources masculines et une source féminine. Le texte inclut aussi une réaction du ministre de la Justice que j’ai sollicité par téléphone concernant la position de l’État sur l’article 250 du Code pénal sur la criminalisation de la sodomie et qui concerne les membres de la communauté LGBT.

En acceptant de témoigner à visage découvert, mes interlocuteurs viennent démontrer que c’est possible d’assumer leur réalité de personnes membres de la communauté LGBT, d’en être fiers et de mener une existence «normale» au même titre que tout le monde. Ceux qui témoignent dans le texte sont aujourd’hui mariés, mènent une vie paisible comme d’autres couples et se disent heureux dans leur vie. Ils racontent ainsi ce qu’était leur vie avant et donnent aussi leur avis sur la situation à Maurice, tout en soulignant qu’il faudrait des changements dans la loi et encore plus d’éducation pour que les gens qui critiquent leur réalité comprennent qu’ils sont des humains avant tout.

Ces témoignages s’insèrent aussi dans un contexte où il y a actuellement beaucoup de réactions autour de la Marche de l’Égalité dont la date a été récemment annoncée. Il s’agit là, encore une fois, de rappeler que la société mauricienne se compose aussi de personnes de la communauté LGBT et qu’elles veulent qu’on les entende.

Vivant dans un pays étrangers où il y a des lois qui protègent la communauté LGBT, ils donnent ainsi un éclairage sur ce qu’ils voudraient voir changer à Maurice, pouvant désormais comparer entre comment c’est à Maurice et comment c’est ailleurs. Je donne aussi un éclairage de la situation à Maurice avec deux associations : Le Collectif Arc-en-ciel et la Young Queer Alliance, qui militent pour les droits des personnes LGBT à Maurice. Les deux associations reviennent sur les incidents ayant affecté, ces derniers temps, la communauté LGBT, notamment l’annulation de la Marche des Fiertés l’année dernière sous la pression d’un groupe d’opposants qui conteste la marche. Les deux intervenants insistent ainsi sur l’importance de cette marche qui prône la visibilité d’une communauté qui souffre.


Comment on «Moi, gay et mes rêves pour mon île» : Par Christophe Karghoo

Your email address will not be published. Required fields are marked *