Eradiquer la pauvreté absolue Á  Maurice d’ici dix ans


Date: November 8, 2011
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Chaque 17 octobre, c’est la Journée Mondiale du Refus de la Misère. Maurice brille généralement dans les classements d’indices économiques. Mais il ne faut pas croire pour autant que la pauvreté absolue y est une utopie.

Bien au contraire, pour beaucoup, elle est une fatalité. Saroja vit avec ses neuf enfants dans une famille recomposée en bordure d’une rivière Á  Karo Kalyptus. C’est l’une des poches de pauvreté du pays située Á  la périphérie de la capitale, Port-Louis. L’une de ses filles a quitté la maison Á  15 ans pour aller vivre avec un homme. «Quand elle est retournée chez moi quelques années plus tard, elle a ramené les quatre enfants qu’elle avait eues de lui alors qu’elle n’a pas même 22 ans, » explique cette femme pour qui la lutte pour sa survie est une bataille quotidienne. Elle reconnaît avoir pris avantage de plusieurs programmes de lutte contre la pauvreté mais la cherté de la vie a souvent gangréné les maigres progrès qu’elle espérait faire.

Selon les chiffres officiels, 7 157 familles vivent dans l’extrême pauvreté Á  Maurice et rien qu’avec un revenu mensuel de moins de Rs 5 000, soit environ 1200 rands. Et pourtant, depuis une dizaine d’années, on parle du refus de la pauvreté. On fait des efforts et on dépense gros Á  cet effet.

«Je pense aux longères qui se trouvent Á  Baie-du-Tombeau, toujours Á  la périphérie de Port-Louis et où vivent 80 familles. Cette région n’est pas pourvue de facilités de base. Les femmes qui y vivent n’ont pas de travail. Je me demande ce que la visite d’un psychologue pourrait bien apporter Á  des enfants qui n’ont même pas de toilettes et qui ne mangent pas Á  leur faim, » se demande Rosie Khedoo, une travailleuse sociale engagée aux côtés des plus démunis.

Suren Dayal, le nouveau ministre de l’Intégration sociale, estime quant Á  lui qu’il «faut passer de la pauvreté Á  la viabilité. C’est pour cela que nous avons dit qu’ensemble, nous allons combattre la pauvreté. Concrètement, cela va se traduire par des aides aux familles en difficulté. Nous leur demandons de faire un effort et nous, nous assumons notre part de responsabilité. L’important pour nous, c’est de donner aux pauvres leur dignité et d’éradiquer la pauvreté absolue en dix ans. Il y a plusieurs aspects de la pauvreté, et nous avons un plan bien défini pour travailler sur quatre axes: le logement, l’éducation, la formation et le placement et l’amélioration de la qualité de la vie dans les régions défavorisées. »

Toutefois, l’accent doit être mis sur un nouvel instrument de lutte afin d’assurer l’autonomisation des personnes en difficultés. En effet, il faut encourager ceux qui sont au bas de l’échelle Á  opter pour la micro finance. D’ailleurs, plusieurs experts reconnaissent que la micro finance est un outil indispensable dans la lutte contre la pauvreté surtout dans des pays comme la République Démocratique du Congo par exemple dans la mesure où elle peut permettre la création des petites et moyennes entreprises et d’industries.

Les articles 15 Á  19 du Protocole de la SADC sur le Genre et le Développement précisent qu’il faut adopter des politiques et promulguer des lois qui assurent aux femmes et aux hommes l’accès au commerce et Á  l’entreprenariat, l’accès aux bénéfices et aux opportunités équitables, tout en tenant compte de la contribution des femmes dans les secteurs formel et informel.

Le 17 octobre 2012, nous ne devrons plus faire les mêmes sempiternels constats Á  Maurice. Par conséquent, l’heure est Á  l’action.

Jimmy Jean-Louis est journaliste Á  Maurice. Cet article fait partie du service d’opinions et de commentaires de Gender Links qui apporte des perspectives nouvelles Á  l’actualité quotidienne.

 


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