International: Un appel aux hommes Á  lutter contre la violence basée sur le genre

International: Un appel aux hommes Á  lutter contre la violence basée sur le genre


Date: November 28, 2014
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Michigan, 28 novembre: La violence basée sur le genre est un problème mondial qui a pris des allures de pandémie. Selon les Nations Unies, une femme sur trois est battue, violée ou abusée durant son existence. Cela concerne un milliard de femmes qui sont directement ou indirectement affectées par la violence basée sur le genre. Parmi toutes les différentes formes de violence définies par l’Organisation mondiale de la santé, incluant la violence autodirigée, interpersonnelle et collective entre les hommes et contre les femmes, les auteurs de cette violence sont principalement des hommes.

De même, selon l’étude sur les indicateurs de violence basée sur le genre menée par Gender Links dans six pays de l’Afrique australe, la forme la plus dominante de violence basée sur le genre vécue par les femmes et perpétrée par les hommes dans les six pays étudiés est celle qui a lieu entre partenaires intimes. Le pourcentage va de 90% dans les districts de la Zambie où l’étude a été menée Á  23% Á  Maurice. Les hommes interviewés ont aussi confirmé ces statistiques et dans certains cas, les pourcentages sont même supérieurs. Ainsi, cela va de 73% d’hommes interrogés en Zambie Á  22% Á  Maurice, qui ont admis avoir été violents envers les femmes au moins une fois dans leur vie. Le pourcentage d’hommes reconnaissant avoir violé des femmes dans les six pays sondés est sensiblement plus élevé que le pourcentage de femmes rapportant cette expérience traumatisante.

Ces statistiques sont alarmantes, indiquant l’urgence d’une approche Á  plusieurs volets ciblant les hommes et demandant qu’ils rejoignent la lutte pour faire face Á  la violence basée sur le genre. La même étude de Gender Links indique que les hommes abusés durant leur enfance ont davantage tendance Á  se montrer violents envers leurs partenaires et Á  les avoir battues plus d’une fois. La misogynie et la violence masculine sont des comportements acquis qui s’affirment et se perpétuent Á  domicile, Á  l’école, dans la presse et au sein des plusieurs différentes cultures Á  travers le monde. L’utilisation de la violence est habituellement une affirmation des normes du genre et une forme de masculinité sexiste qu’ils ont internalisées. Cela fait partie d’une structure au pouvoir patriarcal encastré dans laquelle les hommes, en particulier ceux qui ont le plus de pouvoir, utilisent la violence pour soumettre les femmes, les filles et les autres hommes.

Lors de la récente campagne de UN Women intitulée Lui pour Elle, l’ambassadrice de bonne volonté Emma Watson, qui est aussi actrice, a prononcé un discours interpellant dans lequel elle invite les hommes Á  prendre le relais et Á  contribuer Á  l’avancement de l’égalité du genre. Bien que son intervention a été passionnée, les mesures critiques et pratiques que les hommes doivent appliquer pour contribuer Á  des communautés plus sÁ»res, saines et égalitaires, n’ont pas été abordées par elle. Une mesure cruciale allant au cÅ“ur du patriarcat, est de s’assurer que les gouvernements et les communautés modifient la façon dont ils éduquent et socialisent les garçons et les filles. Les hommes peuvent aussi s’impliquer en faisant du lobbying auprès des décideurs afin qu’ils englobent les données du genre dans le programme d’études des cycles primaires et secondaires. Les hommes doivent être encouragés dès leur plus jeune âge Á  devenir des supporteurs de l’égalité du genre.

Plusieurs organisations et secteurs dans le monde font actuellement des efforts concertés pour impliquer les hommes dans leurs stratégies d’éradication de la violence envers le genre et les inégalités du genre et celles-ci encouragent les hommes Á  être actifs pour mettre un terme au sexisme et Á  la violence envers les femmes au sein de leurs communautés.

Aux Etats Unis, des organisations telles que A Call to Men (Appel aux hommes) et Men Can Stop Rape (Les hommes peuvent mettre fin au viol) forment et éduquent les hommes et les garçons afin qu’ils modifient les normes négatives du genre et Á  développer une définition plus saine de la virilité. Elles sont persuadées que la principale responsabilité des hommes est de prévenir les violences domestique et sexuelle. En Afrique australe, plusieurs organisations font de même comme par exemple Men as Partners (les hommes en tant que partenaires) qui fait la promotion de l’équité du genre liée aux droits sexuels et reproductifs, la South African Men’s Forum; Agisanang (ADAPT); Khotla au Lesotho; MenEngage au Malawi; and Sonke Gender Justice en Afrique du Sud. Ces organisations Å“uvrent toutes pour l’avancement de l’égalité du genre et une masculinité non sexiste en sensibilisant et éduquant Á  nouveau les hommes et les garçons.

Pendant et au-delÁ  de la campagne des 16 jours d’activisme, les gouvernements et les sociétés civiles Á  travers le monde doivent penser de façon plus créative Á  propos de leurs stratégies pour contrer les inégalités et la pandémie de violence basée sur le genre. Nous avons besoin de programmes efficaces et fondés sur des données avérées et des interventions impliquant les hommes et qui s’adressent au fondement même du fléau. Mais plus important encore, les hommes doivent s’impliquer et pas seulement durant ces 16 jours mais tous les jours de leur existence.

Barbara Mhangami-Ruwende est étudiante-praticienne de santé publique, activiste, écrivain et fondatrice du Africa Research Foundation for the Safety of Women. Cet article fait partie de la série spéciale axée sur les 16 jours d’activisme du service d’information de Gender Links qui apporte des perspectives nouvelles Á  l’actualité quotidienne.

 


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