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VoilÁ huit ans que la Mauricienne Priscilla Poonisamy a rejoint la force policière. Une décision qu’elle ne regrette pas et pourtant Priscilla Poonisamy travaille dans un des départements les plus difficiles, la Special Support Unit (SSU). Un département qui doit assurer la sécurité du citoyen et souvent appelé Á arrêter et dissuader d’autres qui souhaitent créer des troubles.
Armée d’une arme et d’une matraque, Priscilla Poonisamy est souvent mobilisée sur les fronts les plus difficiles, notamment des émeutes, des manifestations et elle doit aussi faire appliquer des ordres d’éviction.
A 30 ans, Priscilla Poonisamy se souvient encore des jours où elle était au collège. La discipline, le respect de soi et des autres étaient les principes en lesquels elle avait toujours cru. «Depuis que je suis étudiante, je voulais être policière. Je n’avais jamais songé Á faire autre chose que ce métier. Il y a huit ans, je venais de terminer mes études secondaires et j’ai postulé pour entrer dans la force policière. Ma mère était contente mais ce ne fut pas le cas de mon père. Il estimait que c’était dangereux. Il pensait Á tous ces dangereux criminels et comment j’allais risquer ma vie en faisant ce travail. Mais j’avais déjÁ fais mon choix et je n’avais aucune intention de revenir sur ma décision. »
Priscilla Poonisamy a dÁ» se plier Á six mois d’entraînements intensifs tant sur le plan physique que psychologique. «C’était dur mais cela m’a fortement motivée parce que je réalisais lÁ mon rêve d’enfant. Je voulais servir mon pays et pour moi, être dans la police, c’était une bonne façon de le faire. »
Après ces six mois, les nouvelles recrues avaient la possibilité de choisir le département où elles souhaitaient être affectées. La SSU était loin d’être le département le plus prisé mais Priscilla Poonisamy n’a pas hésité une seule seconde. «Je voulais garder la forme. Au collège, j’étais sportive et je voulais continuer Á faire du sport et je me suis dit qu’être affectée dans un tel département aller me garantir ma forme physique. Et c’est vrai ».
Au cours de ces huit dernières années, la policière a dÁ» affronter beaucoup de situations compliquées. Mais dans chacune d’elles, Priscilla Poonisamy a privilégié le dialogue avant tout. «Les femmes et les enfants sont souvent au-devant des manifestations de nos jours. En tant que femme, je prône le dialogue car les femmes comme les hommes doivent comprendre que je ne suis pas leur ennemie mais que je fais mon travail qui est de faire respecter la loi. Parfois cela marche, parfois non. On doit alors utiliser d’autres moyens. On n’a pas le choix. C’est notre devoir de faire respecter la loi. »
La situation la plus compliquée est quand elle doit faire appliquer un ordre d’éviction. Une famille désespérée doit être expulsée. «LÁ , j’y vais en douceur car je comprends que c’est sensible. Mais au final, c’est un ordre de la cour que je dois faire respecter. Mais malgré toute cette pression, je ne me suis jamais sentie dépassée ou dégoÁ»tée par le métier. J’aime ce travail ».
Comme leurs collègues hommes, les femmes policières affectées Á la SSU doivent contrôler les manifestations de rue, les dérapages et escorter de dangereux prisonniers dans les différents tribunaux du pays. Elle est ravie que ses collègues masculins la traitent avec respect. «La police, c’est un boulot d’équipe. On s’aide et on se respecte. L’unité règne et il n’y pas de discrimination sur la base de sexe, » soutient Priscilla Poonisamy.
Elle souhaite vivre une longue et riche carrière dans la force policière. «La difficulté, la pression, le courage ne sont pas réservés qu’aux hommes. Les femmes ont les capacités physiques et psychologiques de les surmonter aussi bien que les hommes. Je me sens bien dans mon uniforme et chaque jour est un nouveau défi qui se présente Á moi et que je résume en une phrase: faire respecter la loi. Aujourd’hui, même mon père est fier de moi… »
Paul Sophonie est journaliste Á Maurice. Cet article fait partie du service de commentaires et d’opinions de Gender Links.
Comment on Priscilla Poonisamy: une policière armée qui privilégie le dialogue