Santé reproductive… la population mauricienne en danger?


Date: August 29, 2010
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“La population mauricienne vieillit et ne se renouvelle pas”, reconnaît Vidya Charan, la directrice de la Mauritius Family Planning and Welfare Association (MFPWA).  Lors d’un atelier de travail tenu Á  cet effet sur le thème de la population et du changement climatique, Vidya Charan a attribué cette situation Á  la tendance Á  la baisse du taux de fertilité des Mauriciens, qui a chuté de 181 pour 1 000 naissances en 1962 Á  45,08 pour le même nombre de naissances en 2008. De 1,97 enfant par couple en 2000, on est ainsi passé Á  1,56 en 2008. “Pour atteindre un équilibre dans la population, le taux de remplacement aurait dÁ» être de 2.1 par couple”, fait-elle ressortir.

De nombreuses raisons expliquent cette baisse de la fertilité chez la Mauricienne. Beaucoup de Mauriciens et de Mauriciennes repoussent l’âge du mariage et mettent l’accent plutôt sur leur carrière professionnelle dans une société qui devient de plus en plus compétitive. D’autres ne veulent pas avoir plus d’un ou de deux enfants malgré le fait qu’ils disposent des moyens financiers adéquats pour subvenir aux besoins d’une grande famille. «L’ironie, c’est que les familles pauvres ont tendance Á  avoir plus d’enfants que celles qui sont riches », note la directrice de la MFPWA.

Pour sa part, la ministre de la Santé et de la Qualité de la Vie, Maya Hanoomanjee explique que le gouvernement a inclus dans son programme l’aménagement d’un institut spécialisé pour la santé des femmes. La ministre a ajouté que la santé reproductive, y compris la planification familiale, est un droit fondamental de l’homme et que le droit Á  la santé reproductive devrait faire partie du droit Á  la santé. Une meilleure santé reproductive est importante pour les hommes, mais elle est vitale pour les femmes.

La ministre Hanoomanjee indique qu’en ce qui concerne Maurice, «la fourniture des services de santé reproductive a toujours été l’une des principales préoccupations du gouvernement qui est attaché aux objectifs de La Santé pour Tous, et il a renouvelé ses efforts pour améliorer les services concernés par le biais du département des soins de santé primaires de mon ministère. »

Rappelant le thème de la Journée Mondiale de la Population cette année a été « Tout le monde compte », Vidya Charan affirme que malgré tous les efforts du gouvernement, les statistiques révèlent des faits choquantes. Á€ Maurice, par exemple, chaque année, environ 4500 nouveaux cas de VIH/SIDA sont enregistrés annuellement, de même que près de 200 cas de complications post-abortives, plus de 150 cas d’abus sexuels enregistrés auprès du centre de la MFPWA, 556 cas de cancer du sein provoquant une centaine de décès, plus de 200 cas de cancer du col de l’utérus occasionnant 25 décès. Tout ces cas concernent la santé reproductive et sexuelle et sont autant de raisons pour que la MFPWA mette l’accent sur l’utilisation des services qu’elle offre dans ce domaine.

Elle se veut toutefois optimiste. «Les statistiques s’améliorent mais il y a encore de nombreux défis qui nous attendent en termes d’avortements, de grossesses précoces et d’infections reproductives “, fait-elle ressortir.

Le travail pour la survie des femmes est un droit humain impératif. Selon les statistiques publiées par le FNUAP, la population mondiale augmente par 78 millions chaque année et passera de 6,8 milliards en 2010 Á  9,2 milliards en 2050.

Malgré cela, 536 000 femmes meurent annuellement en raison de complications liées Á  la grossesse alors que 190 millions d’entre elles tombent enceintes et près de 50 millions de femmes ont recours Á  l’avortement. Quelque 200 millions de femmes dans le monde entier, et en particulier dans les pays les plus pauvres, ont encore besoin d’une méthode de contraception efficace.

Des 799 millions d’analphabètes dans le monde, deux tiers sont des femmes.
Si on considère que 40% des infections par le VIH se produisent chez les jeunes de 15 Á  24 ans, on doit savoir que près de la moitié de toutes les personnes vivant avec le VIH sont des femmes. Comme quoi, en matière de santé sexuelle et reproductive, ce sont toujours les femmes qui sont le plus pénalisées et que beaucoup reste Á  faire pour améliorer leurs conditions de vie.

 

Jimmy Jean-Louis est journaliste Á  Maurice. Cet article fait partie du service de commentaires et d’opinions de Gender Links, qui apporte des perspectives nouvelles Á  l’actualité quotidienne.

 

 


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