CSW 57: Les Chrétiens ne doivent pas rester les bras croisés

CSW 57: Les Chrétiens ne doivent pas rester les bras croisés


Date: March 11, 2013
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New York, 11 mars: On reproche toujours aux religieux de faire la sourde oreille face Á  la violence basée sur le genre afin de ne pas mettre les couples en péril. Or, depuis quelques années, l’Eglise d’Angleterre et plus particulièrement la Communion anglicane, évoque la question ouvertement avec ses fidèles et va jusqu’Á  former ses pasteurs pour qu’ils arrivent Á  détecter les signes de violence, Á  conseiller les survivantes et Á  les référer aux services de soutien existants, le mot d’ordre étant que la violence basée sur le genre est inacceptable et doit être dénoncée. C’est ce qu’ont expliqué la révérende Terry Robinson de la Communion anglicane et Randy Marshall, directrice de Restored, alliance internationale chrétienne, lors de la session du CSW 57 intitulée «We will speak out: breaking the Church’s silence on violence against women and girls », qui s’est tenue le 8 mars, jour de la Journée Internationale de la Femme, au Church Centre des Nations Unies.

L’Eglise d’Angleterre dans le monde, a expliqué la révérende Terry Robinson, c’est 85 millions de personnes éparpillées dans 165 pays. Elle a fait l’historique de l’engagement de cette Eglise par rapport Á  la violence basée sur le genre avant de préciser que les gens avaient tendance Á  interpréter les Saintes Ecritures de travers pour justifier les actes de violence qu’ils commettent. «Le temps est arrivé pour nous de mettre en avant les aspects positifs des Saintes Ecritures. Il n’est nulle part écrit dans les Saintes Ecritures que les femmes doivent subir la violence en silence », a-t-elle affirmé.

Randy Marshall, directrice de Restored, alliance internationale chrétienne Å“uvrant pour transformer les relations et la violence envers les femmes, a expliqué que la Communion anglicane est une alliance des provinces anglicanes mondiales et que l’Eglise d’Angleterre comprend deux provinces de la Communion anglicane, Á  savoir Canterbury et York. Il y a 43 diocèses en Grande Bretagne et l’Archevêque Justin Welby dirige la Communion anglicane, de même que l’Eglise d’Angleterre. Elle a aussi rappelé que deux archevêques et 24 Evêques siègent au House of Lords. L’Eglise d’Angleterre est gouvernée par un Synode général élu parmi les laÁ¯cs et les membres du clergé de chaque diocèse au cours d’une rencontre biannuelle.

L’Eglise d’Angleterre, c’est 1.7 millions de personnes Á  se rendre Á  la messe chaque mois et un million de fidèles engagés qui se rendent Á  l’église chaque dimanche. Environ trois millions de personnes vont Á  la messe le jour de Noël ou pour la St Sylvestre et ceux qui fréquentent l’église régulièrement lui accordent bénévolement 23.2 heures de service volontaire. Les fidèles aiment leur église et 68% d’entre eux considèrent que cette église est un important maillon dans leur communauté.

Si l’Eglise d’Angleterre s’est intéressée Á  la violence basée sur le genre, c’est parce qu’elle a été entre autres interpellée par les statistiques. Selon la British Crime Survey de 2011, une femme sur quatre a subi ou subira la violence au moins une fois dans sa vie. Deux femmes sont hebdomadairement assassinées par leur conjoint ou l’homme avec qui elles ont une relation. Elles sont environ 80 000 Á  avoir été violées ou Á  être menacées de l’être. Selon Amnesty International, une femme se fera agresser en moyenne 35 fois avant qu’elle trouve le courage d’aller se plaindre aux autorités. Une étude évangélique a trouvé qu’une femme sur 10 a souffert d’abus physique pendant la durée de l’étude alors que 7% d’hommes ont reconnu avoir commis des actes barbares durant la même période.

Face Á  l’ampleur de ces chiffres et reconnaissant que la violence basée sur le genre est inacceptable et doit stopper, que les Ecritures ne peuvent pas être détournées pour justifier cette violence, l’Eglise Anglicane ne pouvait rester silencieuse. Elle veut non seulement avoir des réponses mais être aussi partie prenante des solutions.

Le Synode s’est mis Á  en parler dès 2004 et des lettres pastorales ont été envoyées aux paroisses. Des initiatives d’aménagement de maisons sanctuaires ont été prises. L’Eglise Anglicane considère qu’elle doit apprendre Á  ses fidèles Á  entretenir des relations saines et cordiales entre conjoints, mettre sous les yeux de fidèles des couples qui sont harmonieux dans l’espoir qu’ils servent de modèles aux autres, tout comme elle estime de son devoir d’évoquer la violence basée sur le genre durant les sermons et former des Chrétiens pour qu’ils identifient les victimes de violence et réfèrent ces dernières aux services de réhabilitation.

Randy Marshall a encouragé les fidèles Á  ne pas se taire, Á  vérifier les règlements pastoraux en cas de doute, Á  se former pour reconnaître les signes de violence basée sur le genre, même de façon sommaire, de penser Á  référer la survivante aux services existants et Á  informer leur évêque de ce qui se passe dans leur communauté et les solutions qu’ils ont tenté d’apporter. La directrice de Restored a aussi expliqué que ce n’est pas le rôle de l’Eglise de prendre des décisions pour la femme battue et violentée ou de l’influencer. «C’est Á  cette dernière de faire son choix. Nous nous sommes lÁ  pour lui apporter le soutien et le réconfort pour qu’elle puisse arriver Á  voir plus clair en elle. »

Pour conclure, elle a affirme que l’Eglise d’Angleterre ne va jamais fermer les yeux sur ce problème de société qui détruit les femmes et prendra toujours les actions appropriées. Tout comme elle a demandé aux fidèles de ne pas se taire et de dénoncer toute forme de violence dont ils seraient les témoins.

Marie-Annick Savripène est journaliste Á  Maurice et éditrice du service de commentaires et d’opinions de GL en français. Cet article fait partie de la couverture spéciale accordée Á  la CSW57 Á  New York.


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