Réchauffement climatique

Réchauffement climatique


Date: November 30, 2011
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Le réchauffement climatique devrait aggraver la crise alimentaire. Et ce qui a provoqué des flambées de prix des produits alimentaires ne serait qu’un «sinistre avant-goÁ»t » de ce qui arrivera lorsque le changement climatique se fera sentir plus intensément. C’est le constat de l’organisation non-gouvernementale Oxfam Á  l’occasion de l’ouverture de la conférence des Nations Unies sur le changement climatique Á  Durban, Afrique du sud, le 28 novembre dernier. Le rapport de cette organisation non-gouvernementale britannique parle d’une envolée des prix du blé, du maÁ¯s et du sorgho du fait de phénomènes météorologiques extrêmes qui ont plongé des dizaines de millions de personnes dans la pauvreté lors de ces 18 derniers mois.

A Maurice, certaines personnes se sont mises Á  la culture de leurs propres légumes pour contrer ce phénomène météorologique. Parmi eux, il y a Roland Tsang Kwai Kew. Ce journaliste Á  la retraite et ancien attaché de presse du ministre de la Culture, a converti le toit de sa maison en potager qu’il arrose Á  l’aide d’eau de pluie. Chez lui, on produit tout, des fraises, du piment, de la menthe, des pois, des aubergines et des voèmes, sorte de haricots. «J’ai lu sur Internet que ceux qui pratiquent le jardinage vivent plus longtemps, » assure celui qui s’est lancé dans l’autosuffisance alimentaire face au changement climatique. « Si je devais recommencer ma vie, c’est dans l’agriculture que je ferais carrière. On parle d’autosuffisance, mais on abandonne la terre,ajoute-t-il.

Selon lui, en sus de pourvoir des légumes en temps de crise climatique, l’agriculture peut régler nombre de problèmes de société. « Pourquoi ne met-on pas en place des potagers communautaires? Ainsi, on cultiverait notre salade ensemble, on apprendrait Á  connaître nos voisins, Á  cultiver la convivialité et ça pourrait résoudre des problèmes d’alcoolisme et de violence domestique », estime-t-il.

De son côté, Tenusha Jundoosingh cultive les variétés oubliées au nom de la biodiversité et de la sécurité alimentaire. Cette dame pense particulièrement Á  ces produits qui ont disparu peu Á  peu des étals des marchés. Parmi les vavangues, petits fruits ronds Á  la chair acidulée, petits pois savre et ti poids carré, chulta, fruit consommé sous forme de chutneys lors des mariages hindous, brèdes suranchi et panangani, brèdes martin, autres variétés de légumes, ou encore le grenadine carri, qui rappelle la christophine mais en plus gros. C’est sa grand-mère qui l’a mise sur cette voie. « Quand elle évoquait les recettes d’antan, par exemple, la grenadine carri au poisson salé snoëk, accompagné de brèdes mouroug, je me suis rendue compte que c’est une partie de la biodiversité et un large pan de notre patrimoine culinaire et culturel qui se sont évanouis », explique Tanusha. Elle a alors ensuite entrepris des études d’agronomie et s’est spécialisée dans la propagation et la vulgarisation.

Je regrette que l’on n’ait pas Á  Maurice une politique comme celle du Pérou par exemple, où des légumes et des fruits consommés dans le passé et qui sont en voie de disparition, sont répertoriés et leurs cultures encouragées au nom de la biodiversité, mais également pour assurer la sécurité alimentaire du pays en ces temps de sècheresse extrême, » fait-elle ressortir.

La situation au niveau de la crise alimentaire va s’aggraver Á  mesure que le changement climatique va s’accélérer et l’agriculture s’en ressentira. De telles actions comme celles susmentionnées devraient aider Á  atténuer tous ces impacts négatifs.

Jimmy Jean-Louis est journaliste Á  Maurice. Cet article fait partie du service d’opinions et de commentaires de Gender Links qui apporte des perspectives nouvelles Á  l’actualité quotidienne.

 

 


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