Madagascar: Près d’un millier d’enfants victimes de viol depuis janvier

Madagascar: Près d’un millier d’enfants victimes de viol depuis janvier


Date: December 20, 2020
  • SHARE:

By Vonona Rakotondratsimba,

Antananarivo, 27 November: La situation est alarmante. Même les plus petites ne sont pas épargnées. Face à ces actes infâmes « J’ai juste été meurtrie » déplore Mialy Rajoelina, la première Dame du pays et présidente de l’association Fitia. Une fois de plus, une jeune fillette de 02 ans décède à Toliara, suite au viol perpétré par un proche de la famille. La Police des Mœurs et de la Protection des Mineurs (PMPM), incite les parents à protéger leurs enfants.

Une enfant âgée de 02 ans décède à Toliara

Vendredi 27 novembre 2020, vers 12h, le centre Vonjy de Toliara accueille un père très inquiet, portant dans son bras sa petite fille, qui ne bouge plus. Elle vient d’être violée par un proche de ses parents. Selon le médecin, la fille est morte avant son arrivée au centre. Ce jour-là, la mère de la petite est très malade. Son mari l’a amenée d’urgence à l’hôpital. La petite fille est confiée à un ami. Interrogée sur ce drame, Madame Mamy, sa grand-mère, explique à la presse que « le père de l’enfant envoie sa fille ainée pour récupérer sa petite sœur, mais le malfaiteur a refusé. Ensuite, c’est le père lui-même qui vient à la recherche de sa petite fille. Malheureusement, il fait face à un corps inerte. Le violeur n’était plus là. » Ce drame a eu lieu à Tanambao Motombe du district de Toliara.

Devant cet acte  barbare, la population locale réclame une sanction sévère à l’endroit de l’auteur de cette violence sexuelle. Certains exigent “la justice populaire” ou « fitsaram-bahoaka » en Malagasy. « Cette affaire nous montre que les gens ne font plus confiance à la justice. » disait un témoin. Interrogé sur ce cas, l’officier de police, Rajaonarivo France Olga, chef de division auprès de la PMPM, Toliara, confirme que « 30 minutes après l’arrivée des parents au centre Vonjy, l’auteur a été arrêté à Andabisy, un quartier à 600 mètres de Motombe. L’affaire a été remise au parquet le samedi 28 novembre et le coupable a été placé en détention préventive ». Rappelons que le 4 novembre 2020, le ministère de la Justice a annoncé que les personnes reconnues coupables de viol seraient immédiatement placées en détention provisoire. Il n’y aura pas non plus de libération.

Responsabilité des parents

L’officier de police, Rajaonarivo France Olga a déclaré que « les parents sont les premiers responsables de la protection de leurs enfants. Les enfants ne doivent pas être placés avec des personnes inconnues. Si l’on prend en compte l’incident qui a eu lieu à Motombe, on sent que cette enfant de 02 ans n’a aucun pouvoir pour s’opposer à l’homme qui l’a violée. Seuls les parents peuvent donc protéger leurs enfants. Deuxièmement, pour vous les enfants, vous êtes vulnérables, ne parlez pas à des étrangers et ayez le courage de dire la vérité quand quelqu’un vous veut du mal ». Toujours selon cet officier de police, le centre Vonjy de Toliara a enregistré 41 cas de violences sexuelles commises sur des mineurs depuis mars 2020, dont 40 jeunes filles et un garçon.

Augmentation du taux de signalement à la protection de l’enfant

« Selon l’UNICEF, 925 cas de violences sexuelles envers les mineurs ont été signalés dans les six centres d’écoute des victimes de violences à Madagascar depuis le début de l’année ». Selon le Directeur Général de la Promotion de la Femme, le docteur Rova Rabetaliana, « le nombre de personnes qui ont osé signaler des cas de viols a augmenté. L’utilisation du réseau social Facebook est une des raisons qui a permis d’identifier ces cas. Cela aide les autorités à faire des arrestations et à poursuivre l’affaire. De plus, une ligne verte 813 a été mise en place. Le rapport du ministère de la Population, de la Protection sociale et la Promotion de la femme montre qu’on a enregistré 10 000 appels depuis mai 2020. Cependant, « seuls 4000 de ces appels concernent vraiment le signalement. Les 6000 appels ne sont que des blagues » déplore-t-elle. Imaginez – vous « combien de temps la police a passé sur ces 6 000 appels alors qu’il y avait 4 000 personnes qui ont dû être secourues », continue-t-elle. « Je considère également de tels actes comme une forme de violence, entrainant le retard de prise en charge des personnes victimes de viol ou autres types de violences basée sur le genre VBG » poursuit cette femme engagée à la lutte contre le VBG.

La recrudescence de cas de viol sur mineur a augmenté surtout pendant le confinement. À Madagascar, ce sont les proches qui font ces viols. Ce cas a connu un accroissement durant l’état d’urgence sanitaire. Les activités sont interrompues. Les membres de la famille sont obligés à rester à la maison. Pourtant, pas de travail, la famille reste à la maison où on trouve des chambres combinées entrainant le viol d’enfants.

BRISONS LE SILENCE – STOP A LA VIOLENCE

Tel est le thème des 16 jours d’activisme contre la violence à l’égard des femmes et des jeunes femmes. Plusieurs manifestations ont été organisées. Le docteur Rova Rabetaliana a expliqué que les autorités, avec le soutien des partenaires techniques et financiers, ont réalisé des sensibilisations à l’endroit des personnes vulnérables. Premièrement, il est rappelé que chacun a le droit d’être protégé, de porter plainte ainsi que poursuivre les malfaiteurs au tribunal. En second lieu, l’appel concerne également les auteurs de violence. On les exhorte à changer, à arrêter leurs actes et de se convertir. Pour renverser la situation, le Ministère de la Population a organisé des ateliers de sensibilisation. L’association Fitia, en collaboration avec des artistes de renom telle que « Denise », a sorti un clip avec lequel on partage ces deux messages. On a vu dans ce clip la première Dame qui invite les gens à prendre des décisions et adopter des comportements sains. Mialy Rajoelina a publié sur la page officielle de l’association Fitia « qu’aucun être n’est digne de subir de pareils sévices, ni ce nourrisson, ni trois autres filles que j’ai aussi rencontrées hier ; victimes elles aussi d’actes odieux et inacceptables ».

Propos recueillis par Vonona Rakotondratsimba


Comment on Madagascar: Près d’un millier d’enfants victimes de viol depuis janvier

Your email address will not be published. Required fields are marked *