Nathalie RAZAFINDEHIBE, Sommet 2019


Date: July 5, 2019
  • SHARE:

« Nous devrions toujours avoir 3 amis dans notre vie : celui qui marche devant nous, que nous regardons et que nous suivons, celui qui marche à côté de nous, et qui est avec nous à chaque étape de notre vie, et celui qui est derrière nous et que nous attendons après que nous ayons ouvert la voie. » Michelle OBAMA

Nathalie RAZAFINDEHIBE, mariée, mère de deux filles, experte en genre et gouvernance, femme du terrain, linguiste, littéraire, juriste publiciste, spécialiste en anthropologie sociale et appliquée sur la parité, activiste engagée elle est dotée d’un relationnel facile et maîtrisant les différentes réalités socioculturelles de Madagascar ainsi que ses dialectes, elle ambitionne de mettre ses compétences et expériences au service des femmes pour le développement social de Madagascar. Le parcours de cette Malgache est exemplaire. Malgré une route semée d’embûches, elle a tout fait pour valoriser la femme. Elle n’est pas méconnue des activistes du genre car elle a beaucoup oeuvré pour la promotion du genre et la lutte contre la Violence basée sur le genre à Madagascar. Mieux, son nom est de plus en plus dans la bouche des gens grâce au dynamisme qu’elle a démontré dans la mise en application de la feuille de route des projets du genre. Elle a été en mesure d’apporter sa pierre à l’édifice du genre depuis sa Première année de Faculté en tant que Présidente de l’AELT, et par la suite elle a été nommée Chef de Service Femmes et Développement au sein de l’Université de Toamasina. A l’époque, les activités de l’association et le Service des Femmes au Développement consistaient à appuyer les femmes rurales et les autonomiser par le biais de l’alphabétisation et de la gestion simplifiée elle-même a été victime de Violence par le divorce de ses parents en étant encore adolescente, mariée elle a été également victime de violence conjugale, perpétrée par son mari. Mais elle a transformé son problème en victoire pour pouvoir aider ses consœurs et de positiver sa situation en faisant face à ces violences et de dépasser largement tout cela. La route est encore très longue pour les femmes malgaches au niveau de la base.

Je suis née dans le district de Bealanana dans la région Sofia, où l’électricité et l’eau potable restaient à désirer, mes parents ont enseigné à l’époque à la Mission Catholique dudit district où tous les riverains boivent de l’eau de la rivière Mevarano qui a été très polluée. Nous avons eu l’avantage de boire de l’eau potable car mon père a pu creuser un puits et le transforma en eau potable grâce au matériel offert par la mission catholique. Et dès lors la population venait puiser de l’eau grâce au puits creusé par mon père d’où son appellation jusqu’à ce jour, « le puits de Monsieur Etienne « qui est le prénom de mon père. J’ai été éduquée à cette école confessionnelle entourée par des femmes et des hommes des Eglises, et des chrétiens. Dès le bas âge j’ai participé au catéchisme, aux différentes associations confessionnelles. Mes parents ont eu de bonnes relations avec nos voisins, et avec toute la population de cette localité, je suis de nature sociable, en plus de l’éducation où j’ai vécue. Le fait de constater la souffrance des femmes qui puisent de l’eau venant de très loin, de faire leur lessive dans la rivière Mevarano m’a déjà donné l’idée d’apporter un changement pour la vie des femmes quand je serai grande. Après avoir le divorce de mes parents dans mon adolescence, qui a été suivi par le calvaire que j’ai mené pendant une vingtaine d’année avec mon mari durant mon mariage, je me suis rendue compte que. Et surtout lorsque j’ai entendu à la radio nationale malgache en 1975 la Conférence sur l’égalité des Femmes qui s’est déroulé à Mexico je me suis dite, je serai une militante pour l’égalité des femmes tôt ou tard, c’est de cette manière qu’est née en moi le militantisme.

« Nos prochains efforts iront vers la concrétisation de la construction de « Maison Des Femmes » qui va servir d’un centre de refuge et d’accueil, de réinsertion sociale et un centre médical pour le traitement de femmes victimes de la violence sans exception dans la capitale » et appui et soutien aux Femmes pour la promotion du genre et la lutte contre la violence basée sur le genre. En attendant l’effectivité de l’égalité du genre, elle se concentre pour mener à bien son combat. Notre objectif majeur est la promotion du genre et d’éradiquer la violence à Madagascar.

Pour pouvoir réaliser ce combat, une femme battante telle qu’elle est doit toujours en activité en multipliant ses activités au sein de plusieurs associations telles que : le VMLF, le Réseau pour l’Eradication de la Violence et SOS aux Victimes de non-droits, Membre du GIMAC à Addis-Abeba, Ethiopie. Responsable de Communication au sein du Réseau des Femmes Malagasy Artisanes de la Paix ou REFMAP, Présidente du Comité du Suivi de Partis Politiques pour les recommandations des partis politiques à Madagascar, Chef de file des Femmes Leaders Politiques à Madagascar. En 2012 en tant qu’experte en genre recrutée par EISA à l’époque nous avons fait passer le texte sur la proposition de loi n¨03-2012-PL/CT : «Sur La parité Homme/Femme pour les postes électifs et nominatifs » Cette proposition de loi a été vouée à l’échec pour des raisons suivantes a) mal préparée pour être bien discutée au sein de l’Assemblée entre les femmes membres du Congrès de la Transition de l’époque b) la non cohésion entre les femmes elles-mêmes au sein du Congrès de la Transition c) les hommes ne sont pas encore convaincus de travailler en collaboration avec les femmes d) les femmes elles-mêmes ne sont pas encore convaincues de pouvoir jouer leur rôle adoptée au niveau de l’Assemblée Nationale. Cela a été un aspect négatif mais par contre depuis 2009 pendant la crise politique à Madagascar, nous avons pu faire le tour de toutes les entités politiques en voyant les chefs de partis politiques jusqu’n 2011 lors de déplacement de l’équipe de médiation les femmes du VMLF ont pu augmenter le nombre des femmes au sein du Gouvernement du Premier Ministre BERIZIKY Jean Omer d’un taux 9 femmes/34 En 2013 le lobbying et le plaidoyer ont porté leur fruit l’on a pu avoir 26 femmes/151 députés à l’Assemblée Nationale.

Dans un esprit d’égalité et d’équité, les hommes et les femmes partagent le pouvoir et parviennent à instaurer une société respectueuse de justice, de démocratie et de bonne gouvernance, offrant par ailleurs des opportunités égales à chacun de se développer et de s’épanouir pour pouvoir diriger dignement le pays.

 


Comment on Nathalie RAZAFINDEHIBE, Sommet 2019

Your email address will not be published. Required fields are marked *