Les Congolaises paient un lourd tribut dans la conservation de la biodiversité


Date: June 11, 2010
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En effet, l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), première organisation africaine Á  gérer les espaces protégés, paie un lourd tribut. Il bat le record mondial en termes de pertes en vies humaines. Les tueries dans le parc national de la Garamba (PNG) lors de la dernière décennie, pour ne citer que cette aire protégée, auront vu la mort de plus de 200 des éco-gardes et autres agents.

La RDC pleure ses enfants qui se sont dévoués Á  la protection de la nature. Elle déplore la perte de ces vaillants individus, surpris lorsqu’ils effectuaient des patrouilles de routine par des hommes armés ou des braconniers.

Certes, conserver la nature est une tâche noble, tout comme l’est celle de veiller Á  la préservation de l’intégrité et de la protection durable des aires protégées conformément aux Conventions internationales ratifiées.

Mais ces disparitions laissent derrière des veuves et mères de familles inconsolables, de même que des orphelins éplorés. Ces femmes et leurs enfants sombrent dans une pauvreté extrême et l’Etat congolais et la communauté internationale n’ont que faire d’elles.

Il y a toutefois eu une initiative Á  leur intention. Marc Languy et Emmanuel de Merode, auteurs du livre «Virunga, survie du premier parc d’Afrique” ont demandé Á  ce que les recettes de la vente de ce livre aillent aux veuves et aux orphelins des gardes tués. «Nous remercions les auteurs de ce livre », a déclaré avec un pincement au cÅ“ur le pasteur Cosma Wilungila, administrateur et directeur général par intérim de l’ICCN. Il ajoute que «en achetant ce livre, on contribue Á  la vie et Á  la survie de toutes ces veuves et de tous les orphelins de conservation ».

Toutefois, les hommes de bonne volonté, en l’occurrence des férus de la nature que sont les Docteurs Terese et John Hart, scientifiques and écologistes, entendent lancer un projet pour voler au secours de ces personnes vulnérables.

Ils représentent en RDC la fondation Alexander Abraham qui a institué en juin 2005 les premiers prix Abraham pour la conservation de la nature Á  Kinshasa, Goma et au Parc national de Kahuzi-Biega (PNKB).

«Il ne suffit pas de s’arrêter tout simplement Á  la remise d’un prix pour reconnaître la conservation et les efforts fournis par les victimes pour sauver les trésors naturels qui font le bonheur des visiteurs », relèvent Terese et John Hart qui estiment que c’est le devoir de tous de soutenir ces personnes vulnérables et de les amener Á  assurer leur prise en charge.

Dans un pays secoué par les conflits armés, rendu dysfonctionnel par des troubles politiques, les actes de bravoure pour la protection et la sécurisation des ressources naturelles du Congo devraient inciter les autorités Á  encourager ces femmes devenues veuves et Á  satisfaire leurs besoins pressants.

«Nos enfants et nous avons grandement besoin d’assistance. Sinon, comment pourrions-nous faire face aux multiples charges », se lamente Marie Pela, veuve du conservateur principal Mayumbu Pela.

L’officier Mayumbu Pela a perdu la vie le 10 février 2009 au cours d’une attaque perpétrée par l’armée de la rébellion ougandaise, l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), au Parc national de la Garamba (PNG) en Province Orientale au nord-est de la RDC.

«C’est la raison pour laquelle », rétorque Asako Sangani, dont le mari Asukulu M’meme, a été torturé Á  mort dans la nouvelle aire protégée du massif d’Itombwe en Province Orientale, «il est nécessaire qu’un fonds alimenté et actif soit créé en notre faveur pour que nous nous sentions soutenues moralement et économiquement ».

Emmanuel de Merode, conservateur en chef du Parc national de Virunga (PNVI), en Province du Nord-Kivu, explique qu’Á  travers les recettes perçues de la vente du livre «Virunga, survie du premier parc d’Afrique », «nous essayons de mettre en place ce fonds en faveur des veuves et des orphelins de la conservation. Nous espérons avoir un chiffre suffisamment important pour alléger les souffrances de ces familles ».

Constance Tekitila Mafuta est journaliste en République Démocratique du Congo. Cet article fait partie du service de commentaires et d’opinions de Gender Links.

 


One thought on “Les Congolaises paient un lourd tribut dans la conservation de la biodiversité”

Reggie Foxx says:

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