Mialy Randriamampianina rêve de l’autonomisation des femmes malgaches


Date: July 28, 2010
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Ancienne journaliste, Mialy Randriamampianina a côtoyé les femmes de son pays et connait les inégalités qu’elles ont subies et les préjugés auxquels elles font face. En tant que Malgache elle-même, Mialy Randriamampianina reconnaît qu’il y a beaucoup Á  faire pour que l’égalité du genre soit une réalité. La domination des hommes est flagrante dans tous les secteurs mais les problèmes socio-économiques touchent plus les femmes malgaches que les hommes.

Mialy Randriamampianina est née Á  Antananarivo, la capitale de Madagascar. Après ses études au collège, elle a fait une école de journalisme et de communication dans le but de devenir journaliste. Le journalisme était pour elle un moyen d’étaler au grand jour les inégalités de la société malgache mais aussi de proposer des solutions et sensibiliser les gens sur l’importance d’éliminer les discriminations pour le bien de tout le monde.

Mais une fois Á  l’université, Mialy Randriamampianina devait changer de filière, se spécialisant dans la communication sociale plutôt que dans le journalisme. Elle est certes devenue journaliste mais est reconnue comme chargée de communication. En 2005, elle rejoint une radio privée de la capitale malgache, animant puis réalisant la première émission en anglais produite par des Malgaches Á  Madagascar. «C’était une première, vue que Madagascar est francophone et non anglophone. Par la suite, j’ai été sélectionnée pour participer Á  une visite d’échanges sur la radiodiffusion financée par le Département d’État des Etats Unis. Ceci m’a permis d’entrer en contact avec des journalistes d’un peu partout dans le monde. Ces échanges m’ont permis de mieux comprendre l’égalité du genre et son importance dans une société ».

Mialy Randriamampianina n’a jamais abandonné sa plume de journaliste car elle aime ce métier et affirme que les femmes journalistes Á  Madagascar s’en sortent bien. « Le journalisme a toujours été plus qu’une passion pour moi, même s’il n’occupe que la deuxième place dans ma vie professionnelle. A Madagascar, nous pouvons dire que le nombre de femmes journalistes est plutôt Á  égalité Á  celui des hommes. Le fait d’être une femme journaliste n’est pas si difficile que cela Á  Madagascar ».

Au début de l’année 2009, Mialy Randriamampianina était la chargée de communication au niveau du programme Urgences de l’organisation non-gouvernementale CARE International. « J’ai eu pour mission de rédiger les différents rapports de situation auprès des différents partenaires et bailleurs de fonds après les passages des différents cyclones Á  Madagascar et également d’entrer en contact avec les journalistes, leur fournir des informations relatives aux différentes catastrophes ».

Mialy Randriamampianina a pu constater la désolation des femmes malgaches face Á  ces catastrophes naturelles. Les régions sinistrées de Madagascar ne sont presque pas développées et les femmes qui vivent dans ces régions sont des paysannes analphabètes. Elles n’ont pas accès Á  des soins de santé, ni Á  l’information y relative. «Certaines ne savent même pas qui est le président du pays. C’est incroyable mais vrai. Les coutumes et traditions dominent dans ces régions et la notion même d’égalité entre l’homme et femme est inexistante. La femme occupe encore une place inférieure Á  celle de l’homme, surtout dans les zones rurales. Les garçons sont dans la plupart des cas plus privilégiés que les filles. Il arrive aussi qu’après les études primaires, les garçons peuvent passer Á  l’étape du secondaire alors que les filles doivent commencer Á  aider leurs mères dans les travaux ménagers, diminuant ainsi leur accès Á  un avenir plus décent. Un long chemin reste encore Á  faire afin de garantir l’autonomisation des femmes Á  Madagascar et leur permettre réellement de changer de vie ».

Mialy Randriamampianina est également impliquée dans la lutte et la prévention du VIH/SIDA. Depuis quatre ans, elle se bat Á  son niveau face Á  cette maladie qui affecte tout le continent africain. « Il faut dire que le taux de prévalence du VIH est encore relativement faible Á  Madagascar. Le gros du problème réside dans la discrimination et la stigmatisation des personnes vivant avec le VIH et les populations les plus vulnérables telles que les travailleurs du sexe, les homosexuels et les usagers de drogues injectables. Ces groupes demeurent incompris et sont repoussés par la société. Ce qui risque d’augmenter la propagation du virus et de la maladie ».

Dans ce domaine également, les femmes restent victimes de discrimination. Une Malgache séropositive est très mal vue dans la société et on lui reproche souvent de s’être mal conduite et d’avoir mérité son sort.

Mialy Randriamampianina suit actuellement des cours de formation en Afrique du Sud. Cours qui se concentrent sur les droits de l’Homme et sur le traitement Á  accorder aux personnes vivant avec le VIH. Les droits de l’Homme sont universels et s’appliquent aussi bien Á  des personnes séropositives et Mialy Randriamampianina compte bien brandir ces droits pour faire respecter les droits fondamentaux dans la Grande île.

Leevy Frivet est journaliste Á  Maurice. Cet article fait partie du service de commentaires et d’opinions de Gender Links.

 


0 thoughts on “Mialy Randriamampianina rêve de l’autonomisation des femmes malgaches”

ANDRIANJAFY says:

Le parcours de Mialy Randriamampianina est fascinant. Je voudrais avoir la même chance qu’elle. Étant étudiante malgache en communication, cette article est une raison de plus pour que j’opte pour la communication sociale.Alors que je voulais devenir médecin.

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