Formation entrepreneuriale: Il n’est jamais trop tard pour apprendre

Formation entrepreneuriale: Il n’est jamais trop tard pour apprendre


Date: September 16, 2014
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Maurice: Véronique Célestin est éperdue de gratitude. Une reconnaissance dirigée vers l’organisation non-gouvernementale Gender Links (GL) qui lui a permis de prendre conscience, au cours d’une formation d’une semaine en entreprenariat, de ses capacités et de monter sa petite entreprise.

C’est au village de Coteau Raffin Á  La Gaulette dans l’ouest de l’île que vit Véronique Célestin, 43 ans. Comme beaucoup de femmes qui n’ont pu aller au bout de leur scolarité primaire et qui sont devenues analphabètes, elle a vivoté en exerçant de petits boulots ça et lÁ  et a même connu la misère.

Et bien qu’elle se soit mariée très jeune, sa situation ne s’est pas améliorée pour autant. «Je me suis mariée très jeune mais mes problèmes n’ont pas été réglés pour autant. J’ai tout de même eu du mal Á  joindre les deux bouts car ce que gagnait mon mari était insuffisant pour nous maintenir la tête hors de l’eau ».

Et pourtant, elle n’a jamais rechigné Á  la tâche. « J’ai tout essayé. J’ai travaillé comme bonne chez des particuliers ou encore comme nounou d’enfants mais les salaires versés pour ces emplois étant bas, je n’arrivais pas Á  joindre les deux bouts. J’étais frustrée et au fur et Á  mesure que je me débattais ainsi en vain, je me sentais inutile ».

Après maintes réflexions, Véronique Célestin décide de rejoindre une association de femmes de son village, rien que pour se changer les idées. Et c’est lÁ  qu’elle entre en contact avec les membres de GL qui sont lÁ  pour assurer une formation en entreprenariat. « J’ai découvert qu’une autre Véronique se cachait en moi. Au contact d’Anushka Virahsawmy et d’autres formateurs, je me suis sentie capable de faire avancer les choses. J’ai réalisé que mon manque de confiance me paralysait et m’empêchait d’avancer ». A partir de lÁ , elle est remontée Á  bloc, motivée Á  faire aboutir le business plan sur lequel elle a planché avec l’aide de GL.

Comme elle aime faire des achards qui sont très prisés par son entourage proche, Véronique Célestin décide de miser sur ce qu’elle sait faire le mieux et de fabriquer des achards Á  domicile qu’elle met ensuite en vente. Comme ses samossas sont apparemment exquis, elle en fait aussi et les vend. Et bien qu’elle démarre avec les moyens de bord, ses produits trouvent bien vite des clients fidèles qui n’hésitent pas Á  venir chez elle en acheter ou même Á  placer leurs commandes. « J’ai réalisé que ce n’est pas parce que l’on ne sait pas trop lire et écrire que l’on est inférieure aux autres ou que l’on doit se considérer comme marginale. GL m’a encouragée Á  mettre mes talents en valeur ».

Véronique Célestin se dit aujourd’hui transformée. «Aujourd’hui, je m’assume pleinement. Mon petit business rapporte des sous qui aident la famille Á  mieux vivre. » Elle a retrouvé le sourire et est devenue un modèle pour les femmes du village. Son mari la soutient Á  100%. « Il me prête main forte pour la cuisson et m’encourage malgré des hauts et des bas ». Par « des bas », il faut comprendre des ventes instables. Ce qui fait qu’elle est parfois en manque de capital et pas toujours en mesure d’acheter des ingrédients en gros.

Grâce Á  cette formation en entreprenariat, GL a permis aux femmes qui se sentaient rejetées et exclues en raison de leur analphabétisme de pouvoir envisager l’avenir sereinement. Et comme Véronique Célestin veut aller plus loin dans les affaires, elle s’est remise Á  l’étude et prend cette fois des cours d’alphabétisation. Comme quoi, il n’est jamais trop tard pour bien faire.

Karina Bhoobun fait partie des quatre étudiants de l’Université de Maurice ayant été sélectionnés pour participer Á  la newsletter axée sur le Sommet national de GL portant sur le Protocole de la SADC@l’Å“uvre.

 


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